Haïti exhorte les États-Unis et l’ONU à envoyer des troupes alors que la peur de l’instabilité grandit | grandir nouvelles du monde

Haïti a demandé à Washington et à l’ONU d’envoyer des troupes pour sécuriser ses ports, aéroports et autres emplacements stratégiques suite à l’assassinat du président Jovenel Moise, a déclaré vendredi un ministre du gouvernement.

Les États-Unis ont déjà annoncé qu’ils enverraient le FBI et d’autres agents à Port-au-Prince deux jours après que Moise a été brutalement tué par des hommes armés à son domicile, ouvrant un vide de pouvoir dans la nation des Caraïbes appauvrie et troublée.

Au lendemain de l’assassinat, “nous pensions que les mercenaires pouvaient détruire certaines infrastructures pour faire des ravages dans le pays. Nous avons fait cette demande lors d’une conversation avec le secrétaire d’Etat américain et l’ONU”, a déclaré à l’AFP le secrétaire aux élections Mathias Pierre.

Le Département d’Etat et le Pentagone ont tous deux confirmé avoir reçu des demandes d'”assistance en matière de sécurité et d’enquête” et ont déclaré que les responsables étaient en contact avec Port-au-Prince mais n’ont pas indiqué si des troupes militaires seraient utilisées.

L’ONU n’a pas immédiatement répondu à une demande de commentaire.

Washington avait signalé sa volonté d’aider l’enquête haïtienne, et la porte-parole de la Maison Blanche, Jen Psaki, a ajouté vendredi que des hauts responsables du FBI et d’autres responsables se rendraient dans les Caraïbes dès que possible.

Pierre a confirmé que la demande avait été faite lorsque des questions se sont posées vendredi sur qui aurait pu lancer l’assassinat audacieux, la plupart des membres d’une escouade de tueurs de Colombiens et d’Américains étant morts ou en détention et aucun motif clair n’a été libéré.

Au milieu de l’incertitude, deux hommes se disputent désormais le leadership dans le pays de 11 millions d’habitants, dont plus de la moitié ont moins de 20 ans. Il n’y a pas de parlement fonctionnel.

Après des jours de paralysie dans la capitale, Port-au-Prince a connu vendredi matin le retour timide des habitants dans la rue, l’ouverture des commerces et la reprise des transports publics locaux – quoique avec crainte.

Les gens se sont pressés pour s’approvisionner en produits d’épicerie de base dans les supermarchés et ont fait la queue dans les stations-service pour acheter du propane avec lequel cuisiner en prévision d’une nouvelle instabilité.

“Je ne sais pas ce qui va se passer dans le pays demain ou après-demain, alors je me prépare à de mauvais jours”, a déclaré à l’AFP cette habitante de Port-au-Prince alors qu’elle et son mari s’approvisionnent.

“Je donne la priorité à tout ce qui peut prendre plusieurs jours.”

La violence des gangs, généralisée dans les Caraïbes, s’est également à nouveau accrue vendredi, avec des affrontements entre groupes paralysant la circulation sur une route principale.

L’aéroport de la ville, qui a fermé après l’attaque, semble avoir été rouvert, selon les données du radar de vol.

Tueur à gages?

Mais lorsque le choc du meurtre s’est dissipé, beaucoup ont demandé des réponses.

« Des étrangers sont venus dans le pays pour commettre ce crime. Nous, Haïtiens, sommes consternés », a déclaré à l’agence de presse AFP un habitant de la capitale.

“Nous devons savoir qui se cache derrière cela, leurs noms, leurs origines, pour que justice soit rendue”, a-t-il ajouté.

La police a déclaré qu’une escouade colombienne et américaine de 28 tueurs avait mené l’attaque, mais qu’elle cherchait toujours ses cerveaux.

Des officiers supérieurs de police directement responsables de la sécurité de Moise sont sur la sellette et ont été convoqués devant le tribunal.

D’autres ont spéculé sur l’implication possible de responsables de la sécurité dans le meurtre, ajoutant à la confusion.

« Le président de la République, Jovenel Moise, a été assassiné par ses agents de sécurité », a déclaré vendredi l’ancien sénateur haïtien Steven Benoit sur Radio Magik9.

« Ce ne sont pas des Colombiens qui l’ont tué. Ils ont été embauchés par l’État haïtien.

Chaos politique

Certains agresseurs présumés, dont des Américains, ont été arrêtés. Des responsables ont déclaré vendredi que trois personnes avaient été tuées et qu’au moins cinq étaient toujours en fuite.

Certains des suspects ont été arrêtés après avoir pénétré par effraction dans l’ambassade de Taïwan, a confirmé Taipei. Plusieurs ont été montrés aux médias jeudi.

Les États-Unis ont déclaré qu’ils étaient au courant de l’arrestation de citoyens américains mais ont refusé de commenter.

La Colombie a déclaré vendredi que 17 ex-soldats colombiens auraient été impliqués. Le président Ivan Duque a informé les autorités haïtiennes que Bogota coopérera à l’enquête.

L’attaque a encore plus déstabilisé le pays le plus pauvre et peu sûr d’Amérique.

Haïti était déjà en pleine crise institutionnelle : Moise n’avait organisé aucune élection depuis sa prise de fonction début 2017 et le pays n’a plus de parlement depuis janvier 2020. Moise avait gouverné par décret.

L’un des derniers actes de Moise en tant que président lundi a été la nomination d’un nouveau Premier ministre, Ariel Henry. Il n’avait pas pris ses fonctions lorsque Moise a été tué.

Quelques heures après l’assassinat, le prédécesseur d’Henry, Claude Joseph, a déclaré qu’il était responsable.

Alors que l’opposition accusait Joseph de prendre le pouvoir, l’envoyée des Nations Unies en Haïti, Helen La Lime, a déclaré qu’il avait autorité car Henry n’avait pas prêté serment.

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