L’Arabie saoudite libère deux militants emprisonnés il y a trois ans, selon un groupe de défense des droits humains | Nouvelles du monde

L’Arabie saoudite a libéré deux militantes des droits des femmes emprisonnées il y a près de trois ans, a annoncé dimanche le groupe saoudien de défense des droits humains ALQST, basé à Londres.

Samar Badawi et Nassima al-Sadah ont été arrêtés avec plus d’une douzaine d’autres militants en juillet 2018 pour suspicion de violation des intérêts saoudiens, une décision qui a été condamnée au niveau international.

Le bureau des médias du gouvernement saoudien n’a pas immédiatement répondu à une demande de commentaires de Reuters. Peu de détails sur les charges retenues contre les femmes ou les procès sporadiques qui ont été fermés au public ont été divulgués par les autorités.

Sa libération fait suite à la libération en février de l’éminent militant Loujain al-Hathloul, qui a purgé la moitié de sa peine pour des allégations généralisées de cybercriminalité et de contre-terrorisme. Elle fait toujours face à une interdiction de voyager de cinq ans.

Human Rights Watch a salué le rapport d’ALQST sur Twitter concernant la libération de Badawi et Sadah : « Ces femmes courageuses n’auraient jamais dû être emprisonnées. Ils auraient dû être appréciés pour conduire le changement en Arabie saoudite. »

Badawi a reçu le prix International Women of Courage des États-Unis en 2012 pour avoir contesté le système de tutelle saoudien et a été l’une des premières femmes à signer une pétition appelant le gouvernement à autoriser les femmes à conduire et à voter aux élections locales.

Sadah, originaire de la province à majorité chiite tenace de Qatif, a également fait campagne pour l’abolition du système de tutelle.

Passer à l’action

Les suffragettes ont été arrêtées avant et après la levée de l’interdiction de conduire pour les femmes en 2018 dans le cadre de réformes sociales accompagnées d’une répression sévère contre la dissidence qui visait également les religieux et les intellectuels.

L’ex-mari de Badawi purge une peine de 15 ans de prison pour militantisme en faveur des droits humains. Son frère Raif Badawi, un éminent blogueur, purge une peine de dix ans de prison pour insulte à l’islam et cybercriminalité.

L’administration du président américain Joe Biden a adopté une position ferme sur le bilan de l’Arabie saoudite en matière de droits de l’homme, qui a été mis en lumière après le meurtre de l’éminent journaliste saoudien Jamal Khashoggi en octobre 2018 au consulat du Royaume à Istanbul.

Washington a publié un rapport de renseignement en février qui a révélé que le dirigeant de facto, le prince héritier Mohammed bin Salman, était impliqué dans l’assassinat de Khashoggi. Le prince nie toute implication.

En avril, le département d’État s’est dit préoccupé par le fait qu’un tribunal antiterroriste a condamné un ouvrier saoudien à 20 ans de prison, suivis d’une interdiction de voyager de 20 ans.

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